À la surprise générale, le président ivoirien Alassane Dramane Ouattara a officiellement annoncé ce mardi soir sa candidature à un quatrième mandat à la tête de la République de Côte d’Ivoire. Âgé de 83 ans, le chef de l’État en poste depuis 2011 a déclaré vouloir « répondre à l’appel du peuple » face aux défis persistants du pays.
C’est à l’occasion d’une adresse solennelle à la Nation, retransmise en direct à la télévision nationale, que le président Ouattara a confirmé ce que certaines rumeurs laissaient présager depuis plusieurs semaines. « Je me porte candidat à l’élection présidentielle d’octobre 2025 pour préserver les acquis de la stabilité et poursuivre les réformes engagées », a-t-il déclaré d’un ton ferme, sous les applaudissements de partisans réunis au Palais présidentiel.
Un tournant politique controversé
Cette annonce intervient dans un contexte politique sensible, à quelques mois d’un scrutin qui s’annonce tendu. La Constitution ivoirienne, révisée en 2016, limite à deux le nombre de mandats présidentiels, mais le camp du président Ouattara estime que cette réforme a remis les compteurs à zéro, lui permettant ainsi de briguer de nouveaux mandats.
Opposants et organisations de la société civile dénoncent quant à eux une « confiscation du pouvoir » et un « recul démocratique ». L’ancien président Laurent Gbagbo, aujourd’hui à la tête de son propre mouvement politique, a déjà appelé à la mobilisation citoyenne contre ce qu’il qualifie de « dérive autoritaire ».
Un bilan économique et sécuritaire en demi-teinte
Alassane Ouattara, ancien directeur général adjoint du FMI, est souvent salué pour sa rigueur économique. Son mandat a été marqué par une croissance soutenue et des investissements dans les infrastructures. Toutefois, son gouvernement reste critiqué pour la persistance des inégalités sociales, des tensions communautaires et une liberté d’expression jugée en recul.
Sur le plan sécuritaire, la menace djihadiste dans le nord du pays reste une préoccupation majeure, malgré les efforts militaires régionaux. Le président Ouattara estime que son expérience et sa stature internationale sont des atouts face à ces défis.
Une candidature qui divise
La perspective d’un quatrième mandat soulève de nombreuses interrogations, tant sur le plan juridique que moral. L’âge avancé du président — 83 ans — alimente également les débats, certains observateurs évoquant une possible déconnexion avec les aspirations de la jeunesse, majoritaire dans le pays.
En attendant l’ouverture officielle de la campagne, cette annonce vient rebattre les cartes du jeu politique ivoirien, à moins de trois mois de la présidentielle. Reste à savoir si cette candidature renforcera la stabilité ou ravivera les tensions déjà perceptibles dans plusieurs régions du pays.
